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.Rose des Vents

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Carnet de bord des chercheurs (et découvreurs de la Rose des vents 1996)

Rédacteur : Michaël

Correcteur : Brigitte

Tout a commencé avec le Limousin.

Le 13 août, le Limousin, incluant la Creuse, la Corrèze et la Haute-Vienne étaient déterminés, la Basse-Marche mise en réserve.

Le mardi 20 août, Brigitte et François entrent dans la danse. Les parents de Brigitte, natifs de la région de Limoges seront tres précieux pour leurs connaissances étendues des arts, des coutumes, ils aideront ou confirmeront la découverte de Turgot, de Giraudoux, des saints et des ostensions. François et Françoise, posés, réfléchis mettront à plat les énigmes, éluderont les raisonnements spécieux ou farfelus, la ligne directrice, c'est eux. Les centres d'intéret, pour la lecture sont Uzerche, pour ses remparts multiples, Bort-Les-Orgues, Limoges, et Ségur-Le-Chateau en Corrèze.

Ségur-Le-Château siège d'un tribunal pendant 3 siècles, convient bien pour l'énigme : "là où elle est , le droit écrit et le droit coutumier auraient aussi bien pu s'appliquer". Le conditionnel pour : "auraient" traduisant une éventualité et non un fait, abandon de Ségur-Le-Château, dommage, la Corrèze ne sera plus en lice.

Le 25 août, la limite entre le droit écrit et le coutumier, ainsi que celle entre la langue d'Oïl et d'Oc, nous permet de tracer une ligne sur une carte de France. Elle longe la Vienne, traverse les Monts de Blond, remonte vers la Creuse. Dans les livres, l'existence d'une plaque, au sud de Bellac, dédiée au poète occitan Frédéric Mistral, matérialisant la frontière, ne peut qu'exciter une curiosité naissante.

Mardi 27 août, l'étau se resserre sur le département de la Vienne et ses mystérieux mégalithes.

Le déclic se produit le 27 août avec l'énigme : "Par les degrés, la rose des vents est au même niveau que la Fumée". Quelle chance de connaître la Charente-Maritime et ses Forts. Instantanément, nous pensons au tracé du 46 ème degré de latitude, connaissant la presqu'île de Fouras : à basse mer, depuis la Fumée, tout promeneur peut se rendre, en marchant sur les eaux retirées, vers Fort Enet, et rapporter jusqu'à 5 kilos d'huîtres, échappées des parcs, cela s'entend. Par ailleurs, les navettes de l'embarcadère de la Fumée, emporte chaque jour, les visiteurs vers l'île d'Aix toute proche.

L'avantage en temps de recherche obtenu est important, car les points géographiques de la Fumée et des Monts de Blond sont très éloignés, réflexion : les gens ne sont pas près de trouver ! Toute l'attention se reporte donc, en premier sur : La lande de Frochet, Bussière-Boffy et sa légende de la Mandragore.

"Premier rempart" au sens strict du terme répond à l'énigme : "la rose des vents se situe sur les premiers remparts", les conseils généraux respectifs de Poitou-Charentes et du Limousin ayant aménagé les sites, une immense plaque signale le point culminant des Charentes, à 368,63 mètres, au pied du "Rocher aux oiseaux", que l'on escalade à l'aide d'une échelle.

Le mercredi 28 août, arrivée à Cieux, au petit matin, le syndicat d'initiative étant fermé, achat de la carte I.G.N. locale intitulée : Oradour-sur-Glane, au commerce local, tout est calme, personne ne se doute de rien, hé, hé. Première incursion dans les monts de Blond, par la route : Cieux - Blond, dominée par le relais de Bachellerie, en construction, pour les besoins de l'aviation civile. On notera qu'un Mystère de l'armée de l'air s'est écrasé dans les années soixante, tout près du sommet. Une plaque commémorative , entourée de pièces de l'avion de chasse, rappelle les noms des victimes. Avant de monter à Puychaud, un petit crochet sur la gauche, vers Pioffray, centre des tourbières, terre meuble par excellence , donc propice pour l'enterrement de la rose des vents.

Sous une légère brume, rencontre sympathique avec un chercheur de boîte aux lettres Minitel : STEF6 , au pied de la plaque dédiée à Frédéric Mistral, marquant la limite entre la langue d'oc et la langue d'oil, dans les rochers de Puychaud.

Déjà !!?

Vous-êtes parti à 6 heures du matin, c'est pas possible !!

Excusez-moi, est-ce vous qui avez creusé ici et là devant ?

Non , non , j'en suis d'ailleurs fort gêné, regardez comme cela a été mal rebouché, ce ne peut pas être si évident !

Qui a bien pu deviner avant nous entre hier soir, date de l'émission et ce matin ?

Mais la Frontière des Langues, cela fait une semaine qu'on le devinait, le trait d'hier n'a fait que confirmer ce site !!. Nous étions tous deux de la banlieue de Bordeaux et avons la même certitude, lui connaissait la Fumée,pour y avoir passé des séjours, sa femme étant de la région. Premier trou infructueux au pied de la plaque. Au-dessus du site , deux tables, blocs de petite taille. Il me montre l'un des deux menhirs, vraissemblablement visité peu de temps auparavant, encouragements mutuels puis séparation. C'est réconfortant finalement d'aller vers le même but à plusieurs. Rencontre au village, de la responsable de l'O.T de Blond, demande de renseignements pour un gîte.

"Le sous-sol est en granit, dans tous les monts, à part Bachellerie (point culminant où se construit la tour de guidage de l'aviation civile), vous ne creuserez jamais bien profond, sous la couche d'humus ".

Le samedi 31 août , nous louons un gîte rural dans le village de Bocartu (Boscartus) le mélange des langues fait que les 2 prononciations sont correctes. Avec Marc, 3 ans, les 2 jours nous permettent de découvrir la région en toute sérénité, il faut visiter tous les dolmens restaurés par la D.R.A.C du Limousin depuis 1982, la liste est bien longue : Pierre à Cupules d'Arnac, Dolmen de Javerdat, Menhir du Pic à Javerdat, Menhir de Ceinturat, Pierre à Sacrifices de Cinturat, Abri de la Roche aux Fées (très impressionnant) , Roche Branlante ( il en existe une aussi, en Bretagne), Dolmen de Puychaud, Dolmens de la Betoulle, Dolmen de la Borderie..

La première visite sera pour le chaos de la Pierre Branlante, non par pressentiment, c'est à 200 mètres, nous partons à pied. Les monts de Blond sont quadrillés de sentiers de randonnées, classés par thème, notre attention se porte bien évidemment sur le G.R bleu appelé : "Aux Frontières des Langues".

Recherche des zones dégagées, exemptes d'habitations sur 400 mètres alentour, nous hachurons sur la carte les portions de champs cloturés et les portions de forêt privées. Quand on a fait 700 kilomètres, on est toujours un peu déçu de tomber sur un grillage ou un taillis inextricable, il est préférable donc de repérer les lieux en un week-end, c'est le but de l'opération. La documentation, précise et fournie permet de s'imprégner des mystères et légendes de chaque pierre. Pour les aides techniques en semaine, l'idéal serait de se renseigner sur le plan d'occupation des sols et des biens de section.

Départ en semaine de Bordeaux, pour combien de temps ?

Le mardi 10, nuit noire, nous partons après l'émission, donc vers 22 heures. Des dizaines d'autos sillonnent la forêt, les immatriculations de Montpellier, Paris, Nancy, Strasbourg ne laissent aucun doute sur les raisons et motivations de leurs conducteurs, chacun doit sourire dans son habitacle, le principal est de participer. Un raisonnement faux, sur le vif, alimenté par une carte d'état-major perfide et voilà la foule pour les 377 mètres d'élévation au portes de la pierre à sacrifices. Nous avions prévu cette altitude 377, plus tard dans la nuit, car rien ne nous permettait d'y intégrer le "demi", dommage pour l'ambiance de lucioles exaltées. Plus à l'est de quelques kilomètres, nous sommes au calme en altitude, à mi-chemin (le demi) entre la pierre à sacrifices et la pierre branlante, tout près du Petit-Hors.

Il faudrait tirer 9 fois les 20 mètres du décamètre, ce n'est pas pratique, on compte les pas. Le site est austère, fortement en pente, sous les arbres, parsemé d'amoncellements de granit qui font la particularité des monts. Quelques grattages au pied de très grosses pierres, les racines nous empêchent d'aller plus profond : abandon provisoire, on n'y voit rien. En redescendant vers les lacs, rencontre avec des parisiens immatriculés dans le 91. Un petit pincement au coeur, aurions-nous eu raison ?

Dans la hâte, nous n'avons pas remarqué qu'aucun des points de la cible estimée, n'atteint 377 mètres. ! Si 377 métres environ, divisés par pi donnent un 120 bien précis, est ce vraiment un hasard ? 60 métres semblent un rayon de cercle bien confortable.

Mercredi 11, temps splendide, rencontre avec les chaleureux habitants du village d'Arnac, nous cherchons une table en arc-de-cercle. Le doyen a retrouvé une table en granit oubliée, recouverte de mousse qu'il a patiemment grattée. Nous apprenons qu'un menhir , proche de Montmézerie, après Peyrelade, a la facheuse habitude d'aller boire chaque soir de Noel à la source toute proche. Si les indices sont mobiles, où allons-nous ?

L'air du temps mène au Rochers Aux Fées, endroit féérique et difficile d'accès. Le mot-clé : "environ" dans la phrase : "377 mètres environ", et l'indice supplémentaire du quatrain, la division exacte de 377 par PI, valide définitivement la thèse d'un diamètre de 120 mètres, soit un rayon de 60 mètres.

Jeudi 12 septembre, remise à plat de la procédure de recherche, abandon de la carte I.G.N. au 1/25.000. Respecter les indications de l'auteur et éviter de se noyer dans les détails, surtout dans les cartes au 1/25000, mais ne rêve t'on pas dès qu'on est en possession de ces cartes si précises, invitant à la rêverie et s'offrant aux tracés ?

L'alignement sur cette dernière des trois mégalithes : Rocher de Puychaud , Pierre à Sacrifices , Menhir de Ceinturat est un supplice, la carte Michelin possède en effet les trois références ! Elles vous seront précieuses, surtout l'une, et si ce n'était pas les pierres ?

La lecture directe d'une carte au 1/200.000 ème nous donne comme seules possibilités :

-Les bornes IGN , propres à toutes les cartes, toutes marques confondues, marquant les sommets, servant à la triangulation et à la fabrication des cartes

-Les statues religieuses et croix aux intersections. Celles de la D675 reliant Mortemart à St Junien sont à l'ouest des monts donc très attractives.

-Les pierres ou menhirs : pierre à sacrifice , pierre branlante , menhir de Ceinturat.

Ces dernières informations imposent l'abandon définitif de la pierre à cupules et du rocher de Frochet. Essais de tracés avec la croix à l'intersection de la D675 et de la D5a, en prenant l'axe ouest-est depuis la Fumée, en comptant un angle de PI/3, on atterrit dans un champ. Essais avec le calvaire au dessus de Villerajouze, le point de vue y est magnifique.

Vendredi 13, nouveau départ de Bordeaux et cap sur les bornes I.G.N. et plus précisément sur celle des Egaux,au sud-ouest de Montrol-Sénard, ne voyons-nous pas en effet que le village Le Pic avoisinant (serait-ce l'homonyme du symbole Pi ?) culmine à 377 mètres. Cette borne est au centre des triangulations avec le bornes 458 de Montrol-Sénard et celle de la Lande de Frochet (il nous faut bien placer la Mandragore de Bussière-Boffy quelque part dans le produit final !)

Sur place vers 21 heures, François et Brigitte peinent dans la montée et tombent sur des murettes, nous n'avions pas lu la légende de la carte. nous avions pris pour un chemin des ruines de murettes !! Au même moment, à Bordeaux, opération digestion de la table des rapports trigonométriques de la page mathématiques n° 199 du QUID, les arcs et angles orientés y sont simplement décrits, les angles possibles sont 60 degrés pour les cosinus et 30 degrés pour les sinus. Par sécurité, une rapide vérification des valeurs pour arc tangente et arc cotangente nous font garder un 21,6 degrés, au cas où le tracé final ne serait pas une demi-droite partant du centre d'un cercle ayant pour point de départ une des précieuses.

23 heures, abandon des bornes, fausse piste, retour aux pierres, plusieurs choix :

Prise de l'axe : Menhir de Ceinturat - Pierre à Sacrifices - Puychaud

Prise de l'axe : Pierre à Sacrifices - Pierre Branlante, l'angle formé par cet axe par rapport au 46 ème degré de latitude est-ouest est de 9 degrés.

23 heures 30, la base arrière à Bordeaux rend les chercheurs fous, les angles valsent au rythme du rapporteur et des coups de gomme portés sur la carte, que diable, l'angle est bien de 60 degrés, auxquels on ajoute 9 soient 69 degrés.

(Certains n'ont toujours pas compris pourquoi?)

A ce stade, seul la direction nord-nord-est est sélectionnée (Certains n'ont toujours pas compris pourquoi?).

Et comme d'habitude, la recherche (la basse arrière) nous ramène tout près de la pierre à sacrifices dans la foule (Certains n'ont toujours pas compris pourquoi?). Sur le terrain, les chercheurs sont dans les lauriers, il vivent en plein délire au milieu des pioches, des cordes etc... ils changent d' axe de recherche toutes les 5 mns. Épuisée, à 4 heures du matin, les jambes décident de mettre un hola au délirium avancé de la tête chercheuse du groupe.

Samedi soir, levée du doute sur la valeur absolue du demi, il est absolument clair que la rose des vents représente , par ses petites pointes, toutes les mesures formant ce fameux demi, négatif ou positif, peu importe, nous raisonnons en valeur absolue sur les axes : NNO , NNE , ENE , ONO , etc... Plus question donc de nous limiter au simple angle de 60 degrés en partant du zéro du rapporteur, soit 30 degrés, le nord et le zéro de la boussole alignés. Souvent le tracé ramène au sentier pédestre , même directement sous la Volvo d'un parisien, garé dans le premier tiers du chemin ! ènième mesure, rien .... Seul l'amas de rochers du sud-ouest est bien propice pour un enfouissement. Brigitte et François tombent de sommeil dans la voiture.

Dimanche 15 septembre, à l'aube, quelques véhicules se garent en bord de route, tout près du carrefour où la route oblique vers Blond. Affluence discrète... La voiture mobile de France3 est sur les lieux, le caméraman noir serait-il l'homme en noir ?

9 heures... Selon les locaux accompagnants les visiteurs, les découvreurs sont repartis à Paris, un mélange de soulagement dû à la fatigue , de crainte d'avoir raté l'essentiel et d'étonnement gagne tout le monde présent, solidaire.

Le dimanche, dans le courant de l'après-midi, le ciel est dégagé, il fait très beau et chaud, beaucoup de familles ont trouvé le site, réfléchissent, vérifient les essais ou attendent. Il règne une ambiance curieuse d'incertitude mélangée à de la conviction, la télévision présente dès le matin, allant de site en site, pour filmer, ne fait qu'ajouter au désarroi des chercheurs. Où-est passée la voiture de la télé ? Pourquoi les découvreurs supposés n'ont-ils pas appelé, se reposent-ils ?

Retour à Aixe-Sur-Vienne, la base avancée, 21 heures, le minitel se remet doucement en service. Creuser la nuit, c'est beaucoup plus excitant et discret ! Les pierres révèlent des formations rocheuses spectaculaires , figures menaçantes ou familières !!

Dimanche soir, nouvelle lune, les étoiles scintillent, il fait bon dans les sous-bois, plus de 10 degrés, la journée a été chaude et le sol exhale encore une moite tiédeur. Nuit sombre, il nous faut plus d'une heure pour refaire des mesures précises. L'éclairage est insuffisant, notre décamètre (20 mètres) prend un malin plaisir à s'accrocher aux arbustes et rochers saillants, nous dérivons sur la gauche. Sur le site, l'idéal est d'imaginer que l'on est en possession du trésor et qu'on le cache en lieu sur. Ceci permet d'imaginer la construction inverse permettant de décrire le moyen d'y accéder. Un amas circulaire de pierres, légèrement sur la gauche de la direction SSE, me paraît idéal, quelques trous çà et là nous montrent que l'endroit est le bon.

La mousse sur les pierres nous gêne beaucoup dans les recherches. Et si l'auteur était allé en fin de pente ? François demande d'élargir le champ de vision, avec la torche, quelques pierres, isolées, apparaissent, plus bas. Nous allons vers la plus lointaine , tout à fait anodine, sur laquelle, selon toute vraisemblance, une personne avait dû s'assoir le jour même, dos à la rose des vents, se repérant avec la pierre branlante, sans voir la flèche gravée !!. La voit-on de jour aussi bien que de nuit ?

Le sol est très dur, Brigitte a l'honneur de creuser la première, mais la pelle-bèche ne s'enfonce pas bien loin, la pierre part en biais sous l'humus, il faut donc reculer de 30 bons centimètres afin de recommencer la manoeuvre. Finalement, les mains sont plus utiles que l'outil, la fébrilité gagne vite les esprits, elle apparaît enfin , scintillante car emballée de cellophane protectrice, on la tourne, on la retourne. Rebouchage du trou avec dispersion de feuilles mortes et de petit bois. Dernier regard vers la cîme des arbres

Merci pour l'accueil des habitants du Limousin, en particulier à Mme Henriette Feydel, du syndicat d'initiative de Blond , des habitants des monts, des paysans de la commune d'Arnac , véritable mémoire des lieux. Merci à la D.R.A.C. du Limousin pour avoir su mettre en valeur tous les sites et sentiers de promenade. Merci à nos employeurs, pour leur soutien et leur compréhension. Un souhait : un tarif d'accès minitel FR3 pour le jeu moins élévé. C'est prévu ? Merci encore.

Merci beaucoup à France3, je souhaite que l'équipe de La Carte aux Trésors pourra financer deux chasses par an. RDV dans l'est avec la chasse de novembre !!!

Michael.