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Rose des Vents 1998

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Je vais essayer de vous raconter notre chasse, même si je n'ai pas la verve de Birdy...

J'ai lâchement laissé tombé la Chouette voici déjà un an et demi après trois ans de recherches infructueuses. Seul un fait nouveau, un scoop pourrait me remettre en selle. Le trésor d'Orval, je ne l'ai jamais démarré. Je me suis consacré aux « petites » chasses. Avec elles, pas le temps de se lasser et le plaisir toujours présent.

A mon avis, les meilleures ont été les chasses Paris-Match de l'été 1997. J'en ai fait quatre, régions 1, 2, 4, 5 pendant mes vacances d'août 97. Pour les régions 1 et 2, je suis arrivé moins d'une journée après les vainqueurs. Damned ! Al-Cab et Dredd nous avaient précédés sur la région 1 et Arthur sur la 2. Région 4, le plantage total, quant à la 5, c'était devenu Mission Impossible : creuser pendant une semaine par 36° à l'ombre dans la forêt de Campet vaut mieux que n'importe quelle cure d'amaigrissement... Malgré cela, j'en garde un souvenir inoubliable : un mois de chasse au trésor H 24 c'est le pied intégral. Merci MAX !

 

Pour 1998, j'ai laissé tomber les chasses auxquelles je participais pour me consacrer à la Rose des Vents (c'était la seule chasse de terrain à faire en août). Tout a commencé quelques jours avant le 14 juillet 1998, jour où ont été diffusées les premières énigmes sur FR3.

Semaine 1 :

A l'époque, l'équipe était informelle. Nous nous réunissions via ICQ avec Delta et Peterc pour percer les solutions. Pas évidente celle là. Nous mettons sous le coude toutes les pistes possibles.

Semaine 2 :

Ca a été craqué assez vite. Chacun de son côté avait trouvé MONET. Avec ce seul élément, pas question de se fixer sur une région de façon définitive.

Semaine 3 :

C'est Delta qui trouve le premier SORCELLERIE. Les 3 régions les plus connues pour cela seraient : le BERRY, le LIMOUSIN et la NORMANDIE. Wait and see...

Semaine 4 :

Dredd qui se joint a nous l'espace d'un soir sur ICQ nous dit avoir la soluce. Je lui précise ne pas vouloir l'entendre préférant avoir le plaisir de trouver par nous même. Peu de temps après Evelyne (ma femme) trouve George SAND.

C'est à ce moment que je décide de partir sur le terrain. Le croisement des solutions nous emmène à Eguzon, devenu notre point de ravitaillement. Je visite la région. Je rencontre l'historien local Jean-Paul Thibaudeau qui, intéressé par la chasse, nous offre l'apéro. Sympa le prof d'histoire ! Il nous déballe tout ce qu'il sait mais nous n'avançons guère. La voute sacrée garde son secret !

Vers le 8 août, en scrutant l'IGN 35, je découvre ce nom annodin : Saint-Plantaire. Non ! Ils auraient osé ? La voûte plantaire ? ! Dans le doute je fonce sur place en moto pour voir. Je sillonne, j'observe, j'interroge, je ne trouve pas grand chose d'intéressant .

Semaine 5 :

C'est l'énigme que nous avons résolue le plus rapidement. Le Duc de BERRY nous vient à l'esprit en 10 secondes mais ça ne sert qu'à confirmer une région que nous commençons à connaître. PETERC m'appelle pour me dire qu'il a trouvé une chose qu'il dit être sûrement une connerie » : la voûte plantaire. Pour en avoir le cœur net on questionne l'Homme en Noir. La réponse est positive ! Je décide donc de quadriller le bled dont les limites administratives sont très étendues. J'explore même hors de ces limites pour plus de sûreté. Le Bois Plantaire n'est pas loin et le magnifique dolmen qu'il contient pourrait être un beau repère de départ (galère pour le trouver). Peu de bois publics dans tout ça... La forêt communale de St Plantaire me paraît être une bonne base, d'autant que j'y trouve rapidement plusieurs repères : Cinq machines agricoles abandonnées en plein bois, une maison abandonnée par un sculpteur, et une espèce d'abreuvoir en granit.

Semaine 6 :

Nous trouvons assez facilement le triangle formé par les 3 repères donnés par les énigmes : MAISONS, GARGILESSE et FRESSELINES réduit la zone. Mon terrain d'exploration se réduit et c'est tant mieux : j'ai les jambes de plus en plus griffées par les ronces des parcelles hors chemin dans les bois. Il nous faut absolument un repère pour aboutir en semaine 8. Dans la région, les plaques d'immatriculation hors 36 sont de plus en plus nombreuses...

Semaine 7 :

Je comprends bien que ces énigmes réduisent encore la zone. Les ruines du château de Crozant positionnent la limite ouest, le lieu dit la Ronde celle du nord, la Creuse celle du sud. Il nous manque la limite est. Je pense aux lignes EDF qui collent bien avec les intégrales données en indice. J'apprends par l'homme en noir que ce n'est pas ça. Je me rabats sur les limites administratives confondues : commune, canton, département. Le doute subsiste.

Mes amis PETERC et FRODO me rejoignent pour visiter la zone. Tous les paramètres étant assimilés, je continue les recherches. Je rencontre plusieurs chasseurs sur place. Seul point noir, une rumeur qui insinuait qu'un handicapé en fauteuil roulant pouvait accéder au trésor. Dès lors, je délaisse les lieux pentus. A l'aide de mon détecteur, je tente des recherches systématiques dans tous les endroits plats accessibles au fameux fauteuil roulant. Que dalle, sinon des restes de pique-niqueurs qui révèlent leur menu... Et puis, de toute façon, la Rose est en résine. Je renonce.

Derniers préparatifs de terrain : établir le lieu du QG pour mardi soir, un endroit central de la zone où l'on puisse avoir une connexion GSM. Je fais des essais sur la place de St Jallet, Itinéris passe mieux que SFR. J'observe les antennes TV locales pour savoir s'il sera possible de recevoir l'émission en direct, ça me paraît OK avec une TV à bonne réceptivité. Je sais que beaucoup de chasseurs ont la zone. Dès lors, il me paraît évident que cette chasse va se terminer en course de vitesse, chose dont j'ai horreur étant un peu mou du bulbe...

Samedi 29 août :

Il est temps de rentrer, le travail reprend lundi 31. Je pense à la phrase de Mc Arthur. J'établis la stratégie pour mardi soir, prépare une check-list et profite du dimanche pour faire quelques emplettes nécessaires au rush final. Rien ne doit manquer pour finaliser un « travail » de trois semaines sur place.

Lundi 31 août :

Je contacte mes amis chercheurs. Qui viendra tenter de déterrer l'objet tant convoité ? PETERC et FRODO sont OK, DELTA réfléchit (incroyable mais vrai ! en fait, des obligations professionnelles le coincent un tantinet). Je contacte également d'autres amis pour leur demander d'être disponible à l'heure fatidique. NOSSOC en particulier.

Mardi 1er septembre :

11h 45 DELTA réussit à se libérer de ses contraintes, il me l'apprend.

16h 30 L'Espace de DELTA est chargé (bien chargé) nous partons.

19h 40 Nous arrivons à EGUZON où PETERC nous attend. Arrivés à CROZANT, DELTA qui ne connaît pas les lieux visite rapidement la forêt communale de St Plantaire. Nous remarquons une trentaine de véhicules « étrangers ».

19h 55 Nous faisons une erreur monumentale en décidant d'aller dîner au resto du Lac. Là, MONGLANE, accoudé au bar m'interpelle, nous évoquons nos rencontres passées. Quelques chasseurs dînent dans la salle. Deuxième erreur, l'apéro... Je commence à trépigner en voyant le temps passer. Je suggère de commander un plat unique, histoire d'accélérer le mouvement.

21h 20 La première énigme arrive, mais pas encore le dessert ! Nous l'interprétons mal cette première énigme : « De la pointe australe, marchez vers le midi ». Nous pensons qu'il faut partir de l'extrémité sud de la zone, prendre le chemin qui y passe pour remonter vers le nord (midi sur une montre). FRODO déboule dans la salle l'air furax. Nous demandons le dessert, les cafés et l'addition, le tout dans la foulée.

21h35 DELTA, PETERC, FRODO et moi allons nous poster sur la place de St Jallet. Déploiement logistique.

21h 45 Arrive l'énigme N°2 sur l'écran TV : « Gunter vous dirait qu'il en faut 25 pour arriver au trésor ». Nous pensons immédiatement que c'est la mesure. On se gratte la tête, on cherche dans le PC et les livres, on appelle au secours. Presqu'instantanément la base fixe de FRODO nous appelle pour nous dire que Gunter a été trouvé dans le Quid, mais point de valeur à cette mesure ! On recherche dans le Quid 95 : 0.201m c'est OK, la distance est donc de 5m.

22h 25 L'énigme N°3 dit : « Partez du vide entre les deux branches du maxillaire » ! Ouh la la, ça se corse sérieusement. Les secondes passent, les minutes... On cherche de nouveau. Vite, il faut faire vite sinon la Rose nous échappera.

A présent, la place de St Jallet ressemble au parking de supermarché un samedi midi. Plus de cent chasseurs sont présents sur l'ensemble de la zone.

La rumeur (toujours elle !) nous signale la présence de grosses pointures. Malgré cela, aucun départ en trombe n'est à signaler. On s'active. Que dalle !

22h 52 Un appel inattendu m'arrive. C'est Dredd. Il vient de trouver le mot qui correspond à la définition : AUGE. Bingo !, je pense immédiatement à ce que nous appelions l'abreuvoir. Briefing de quelques minutes entre nous quatre. Foncer tête baissée sans réfléchir, pourrait avoir une incidence catastrophique en nous faisant perdre un temps précieux, si nos conclusions étaient erronées. PETERC reste sur la place de St Jallet avec la TV, téléphones et talkie-walkie au cas où une quatrième énigme sortirait. DELTA, FRODO et moi partons.

Durant le court trajet, l'angoisse nous étreint à la pensée que d'autres chasseurs sont déjà sur place.

22h 58 Après un passage difficile en voiture, nous arrivons à l'endroit. Génial, il n'y a personne ! Cette nuit là, j'aurais pu y aller sans éclairage tant je connaissais les lieux. Sur place, on aperçoit les lueurs des lampes torche, 200m en contrebas, du côté de la Creuse. Il faut chaud, pas vraiment le temps idéal pour creuser.

On pose la boussole sur l'auge de granit, on plante un piquet, on y enfile le décamètre, on compte 5m vers le vide (sud). Nos premiers coups de pelle sont timides. La présence de radicelles indique que nous ne sommes pas au bon endroit. Tant pis on continue à creuser. Un sac-poubelle rempli d'ordures apparaît. Mauvaise pioche, c'est pas là ! Bref on merdoie.

23h32 Une équipe de chercheurs arrive sur les lieux. On discute, on se présente. C'est VALOR, dit NEROMAN, le gagnant de l'édition 96 de la Rose des Vents. Top sympa l'ami VALOR ! Il nous montre à quoi ressemble la Rose en sortant la sienne de son sac à dos. Ca commence à sentir le gaz... Nous sommes rassurés quand il déclare ne pas avoir la mesure. VALOR part en contrebas, peut être parce qu'en 96 la Rose était à 60m de la Pierre Tremblante...

Vite, il faut faire vite, accélérer le mouvement, nous creusons de plus belle, toujours pas de Rose. BIRDY (dit TOBA) arrive à son tour (enfin je pense que c'était lui...). Il approche de l'auge et quelques secondes plus tard, j'entends FRODO dire « Je l'ai ! ».

23h37 Nous venons de déterrer la Rose des Vents. Incrédules, nous partageons cette joie que chaque chasseur rêve d'éprouver un jour. Cette joie, j'avais envie de l'hurler. FRODO, craignant quelques malveillances, se précipite dans l'Espace de DELTA en disant « on décampe ». D'autres chercheurs commençaient à affluer et voulaient voir, sinon toucher l'objet tant convoité. Leur déception pouvait se voir sur leur visage. Nous avons rebouché le trou et sommes partis.

23h 45 Nous arrivons à l'Hôtel du Lac décidés à arroser ça. Le bar est fermé et accepte d'ouvrir après avoir vu le fameux butin. J'invite tous les chercheurs présents à fêter l'événement. Le Champagne aidant, la jubilation est à son comble et j'admire les chasseurs bredouilles qui trinquent et gardent le sourire.

La deuxième joie, c'est là que je l'ai trouvée, dans cette ambiance sympathique où les récits d'anciens combattants se succèdent. Dehors, des chasseurs non avertis de la découverte continuaient à chercher. On pouvait distinguer les lueurs des lampes dans le bois de St Plantaire, jusqu'au rocher de la Fileuse.

Vers 1h30 du matin, nous avons vu descendre de leur chambre MONGLANE et Dr JONES qui avaient résolu les énigmes, sans la mesure, et partaient creuser. Ils ont été stoppés net en voyant la Rose posée sur le comptoir. Sportivement, ils se sont joints à nous pour trinquer. Quelle nuit !

Vers 2h00, à contrecœur, nous avons dû partir, il fallait être à l'heure au boulot.

 

Pour cette belle aventure, je remercie :

Evelyne, ma femme, mon coéquipier N°1. Absente de cette expédition pour des raisons professionnelles et qui avait trouvé l'AUGE peu de temps après nos premiers coups de pelle.

Mes amis chercheurs DELTA, FRODO, PETERC et DREDD qui ont permis cette réussite.

Mes amis chercheurs de toujours BILBO, NOSSOC et ROCAMBOLE à qui j'ai pensé cette nuit là.

Mes amis non chercheurs, qui ont quand même cherché : à m'aider.

Les organisateurs de cette chasse et tous les chercheurs qui nous ont donné du fil à retordre.

MAX qui a eu la géniale idée de lancer la « mode » des chasses au trésor voici déjà 5 ans.

Enfin, aucun merci aux rabat-joie qui essaient de tirer une couverture qui ne leur appartient pas.

 

Comme on l'écrit d'habitude, « pour tout renseignement complémentaire, veuillez vous adresser à » _exocet@wanadoo.fr

 

Cordialement EXOCET