Magnétomètres et détecteurs d’aimants

Pour vérifier si le sol a été creusé, il est possible de placer un aimant à faible profondeur au-dessus de l’endroit à surveiller. Un tel aimant était placé près de la contremarque du trésor d’Orval.
Kit Williams avait également utilisé un aimant dans l’organisation de sa chasse au trésor Masquerade en 1979. Mais cet aimant avait été placé longtemps avant l’enfouissement du lièvre d’or. Kit Williams avait décidé de pointer l’emplacement de la cache avec l’ombre projetée par un monument en forme de croix à midi, le jour de l’équinoxe de printemps (21 mars). Il s’était donc rendu deux ans et demi plus tôt pour enterrer discrètement un petit aimant, mesurant la bonne distance en avançant pas à pas de 20 fois la longueur de ses chaussures.

“(Williams) produced a compass and measured twenty heel-to-toe shoe lengths. At that point, he moved his compass low over the ground. Suddenly, its luminous needle swung south. Williams plunged a penknife into the earth, and winkled out a magnet. He had buried it there, with its own magnetic north pointing south, some two-and-a-half years previously. […] Williams now unpacked from the sack a trowel and a black plastic bin-liner, which he spread out on the grass to one side. With his knife, he cut a neat rectangle of turf about the size of the mouth of a generous letter box. He lifted off this piece of turf, unbroken, and placed it with reverence near one edge of the bin-liner. He then took up the trowel and began picking away at his cavity with the caution and delicacy of a good dentist.”

Il n’est pas précisé explicitement que l’auteur a remis l’aimant en place au-dessus du lièvre d’or après l’enfouissement. Mais on sait (selon le livre de Bamber Gascoigne) qu’une bouse de vache a été ajoutée avant de repartir.

Max, lui,  a utilisé un aimant uniquement pour vérifier si la terre avait été remuée à l’emplacement de la contremarque du trésor d’Orval, mais pas pour repérer le spot à l’avance.

En ce qui concerne la Chouette d’or, Max n’a jamais voulu confirmer la présence d’un aimant. Pourtant, il s’était inspiré de Masquerade (1979), et il avait enfoui un aimant pour le trésor d’Orval (trouvé en 1998). De plus, Monglane (ami et voisin de Max) est persuadé qu’il y avait bien un aimant près de la Chouette. Il est possible que Max ait placé cet aimant au-dessus de la Chouette en 1993, qu’il ait vérifié sa présence en repassant sur le spot (les 24 juillet 1994, 14 décembre 1994, 20 août 1995 et 29 mars 1996) mais qu’il l’ait ensuite retiré en 2004 (article de Monglane sur 2003-2004) pour éviter qu’une « chasse à l’aimant » ne remplace le décryptage des énigmes. Mais là encore, Monglane pense que l’aimant a bien été remis sur place. Pour ma part, l’idée qu’un aimant se trouve sur la cache m’arrange bien car ça évitera bien des efforts pour creuser. Ca évitera également de défigurer le paysage, et ça permettra de « sonder » les alentours pour éliminer le moindre doute avant de reprendre la route pour quelques centaines de kilomètres.

Les chercheurs de Chouette de la première heure ont atteint un âge où l’on se fait facilement un tour de reins ! Un magnétomètre sera pour eux l’équivalent d’un ramasse-boule de pétanque composé d’une ficelle et d’un aimant.

En 1993, les magnétomètres étaient des instruments coûteux réservés aux archéologues et aux militaires. On pouvait néanmoins fabriquer soi-même un magnétomètre à protons (utilisant deux bouteilles remplies d’eau fixées aux extrémités d’une perche) ou un acheter un kit pour construire un magnétomètre « fluxgate ».

Mais depuis des années, tout le monde utilise un smartphone et possède (souvent sans le savoir) un magnétomètre performant ! En effet, chaque smartphone est équipé d’un capteur de champ magnétique terrestre dans les 3 dimensions (x, y, z). Il suffit donc d’installer une appli (souvent gratuite) sur son téléphone pour être équipé d’un magnétomètre ! On peut même recycler son « vieux » smartphone en installant cette appli. De cette façon, il sera possible de filmer avec le smartphone récent la prospection de l’aimant et éventuellement le moment de la découverte de la cache en direct !

  • Applis pour transformer un smartphone Android en magnétomètre : C’est clair, c’est net, on a toute la liste des applis et l’on pioche dans le tas librement. On peut aussi trouver des démos de ces applis sur Youtube.
  • Applis à installer sur un iPhone pour le transformer en magnétomètre : Apple ne permet pas de chercher librement parmi toutes les applis avec des mots-clés comme « magnetometer, gaussmeter ou teslameter » pour afficher sur une page toutes les applis comme le fait Android. Les liens vers les applis sont dispersés dans diverses rubriques avec des noms très variés. Je ne vais donc pas indiquer 36 liens vers 36 applications (qui deviennent vite obsolètes) pour ne pas faire le travail négligé (volontairement ?) par Apple… J’ai cherché malgré tout au pifomètre (merci Apple !). Il fallait trouver une appli gratuite, sans trop de bannières publicitaires ou de chantage à l’achat, affichant des infos faciles à interpréter en gros caractères. J’ai donc choisi (ben oui, j’ai un iPhone, mais je n’en suis pas fier) l’appli Teslameter. Des démos (réalisées par les utilisateurs) sont visibles sur Youtube.

Pour « prospecter », il suffit de fixer le smartphone sur une perche à selfie (solide). A 1,5 m de l’écran on peut voir clairement les chiffres défiler. Les applis de magnétomètres affichent la valeur « moyenne » du champ magnétique terrestre. Cette valeur est de 50 μT (microteslas) environ. Elle est obtenue en prenant la racine carrée de la somme des carrés des valeurs pour les directions x, y et z.

Lorsque l’on passe à proximité d’un aimant, le nombre affiché varie nettement. Donc, entre 45 et 55 μT, pas la peine de s’affoler… Testez tranquillement chez vous avant d’aller sur le terrain en utilisant des aimants de placards, ou des aimants puissants récupérés dans des disques durs ou sur des haut-parleurs.

Le capteur se trouve dans l’angle de l’iPhone indiqué sur la photo. Pour d’autres smartphones, on peut vérifier cet endroit empiriquement, en déplaçant un petit aimant ou un simple objet métallique (connecteur USB, pile de montre…).

La composante z est la plus élevée (- 40 à – 50 μT selon l’erreur d’inclinaison du smartphone). Les deux autres composantes (x et y) dépendent de l’orientation de l’appareil autour de l’axe vertical. Elles varient de – 20 à + 20 μT environ si le smartphone est maintenu parallèle au sol. Mais comme on effectue la « RSS » (root sum square) des 3 valeurs, on peut incliner plus ou moins le smartphone pendant la prospection sans influencer beaucoup la mesure globale affichée.

 

Un petit aimant de détecteur d’ouverture placé à 10 cm du smartphone fait varier la valeur RSS affichée de 30 à 75 μT. Tout dépend de l’orientation de l’aimant. Chez vous, placez le smartphone à une distance fixe (posé sur un « cube » de 10 cm de côté), et posez sur la table (donc à 10 cm du smartphone) l’aimant sur chacune de ses 6 faces, en le faisant pivoter pour bien comprendre les variations de la valeur RSS affichée. Selon l’orientation de l’aimant (placé à une distance fixe), la valeur chute (30 μT) ou augmente (75 μT). Donc, si l’on veut balayer une zone rigoureusement, on doit donc « croiser le sens de balayage » et ne pas guetter uniquement les augmentations de la valeur affichée ! L’orientation du smartphone par rapport au champ magnétique terrestre n’a pas d’importance lors de la recherche d’un aimant enfoui, pas besoin de « balayer nord-sud » ou « est-ouest ».

Certaines applis proposent un affichage analogique, avec un cercle qui se déplace et change de couleur selon la valeur du champ mesuré. A vous de voir si ce genre d’appli mérite le prix auquel elle est vendue (exemple : 5,49 € pour supprimer la temporisation d’une minute de l’appli Magnetscape). La pub qui s’affiche dans d’autres applis passe par le réseau 3G ou 4G. Or, au fond des bois (à Dabo par exemple ;o) on capte très mal, et pourtant l’appli Teslameter a fonctionné (sans afficher de pub !).

On peut aussi choisir un son qui varie selon la valeur du champ magnétique. Mais là encore, est-il opportun de faire couiner un smartphone au milieu de la forêt alors que l’on voit parfaitement l’affichage utile sur l’écran ?

Les applis de magnétomètres peuvent fonctionner sans connexion GSM. Elles peuvent donc être utilisées au fond des bois. La seule utilité de la connexion au réseau réside dans l’affichage de bannières publicitaires contextuelles.


 

Autre possibilité (plus simple) pour détecter un aimant : on peut fixer une boussole à bain d’huile sur une perche à selfie. C’est moins ludique, plus difficile à scruter dans la pénombre, mais ça fonctionne. Et personne ne s’est jamais égaré dans la forêt à cause d’une panne de batterie sur sa boussole !

 

 

Les chercheurs nocturnes peuvent fixer un éclairage à LED (porte-clés lumineux) au bout de la perche, avec deux fils et un interrupteur sur le manche pour illuminer la boussole. Il existe des mini lampes à LED en forme de chouette… Mais attention, elles font « Ouhhh… Ouhhh » quand les yeux s’allument.